| Guide GaultMillau 2004


Entrée remarquée au GaultMillau
Le Café Berra, à Choëx, fait une entrée remarquée,
avec 14 points. En deux ans seulement, Jean-Yves André réussit
à faire de ce charmant petit bistrot une étape de la gastronomie
valaisanne. Au départ pourtant, avec sa compagne Josiane Raemy,
il recherche un petit café sympa pour faire une cuisine typique
et traditionnelle (il a même acheté des caquelons à
fondue) qu'il compte agrémenter de quelques suggestions du jour.
Ce sont ses clients qui, très vite, lui imposent une carte plus
"gastro". Ils plébiscitent, ses créations et boudent
la fondue. Le client est roi et la carte se modifie! Une ballottine de
truite fumée à la crème de mascarpone et raifort,
un petit risotto aux chanterelles, un ris de veau aux cornes d'abondance,
un foie gras de canard poêlé aux figues de Choëx figurent
parmi les entrées. Outre l'escalope de chevreuil aux poires, le
dos de marcassin au pain d'épices et le râble de lièvre
au Lagavulin, la carte d'automne propose également un carré
d’agneau, des rognons de veau ou un filet de sandre au jus de betteraves
et quelques champignons. Si la distinction du guide GaultMillau les flattent,
Josiane Raemy et Jean-Yves André se défendent de vouloir
entrer dans la cour des grandes tables. Leur credo, leur créneau:
un bistrot sympa, une ambiance chaleureuse, une bonne cuisine, goûteuse,
savoureuse, généreuse. Un endroit où les clients
se sentent à l'aise, loin des milieux guindés de certains
grands toqués.
La carte des vins offre une belle palette des meilleurs crus du Valais
et, petite exception, un sauvignon vaudois. Josiane Raemy et Jean-Yves
André la composent en fonction de leurs goûts et de leurs
coups de coeur. Le décor est simple mais chaleureux. Sobre et cosy,
on s'y sent bien. On reviendra...
Le Nouvelliste, France Massy

Du côté de Monthey: qui vivra Berra
Voilà un coin que les orpailleurs à serviette doivent impérativement
noter dans leurs petits papiers. Le Café Berra, à Choëx,
cest la caverne dAli Baba aménagée en nid daigle.
Jean-Yves André officie là, à quelques lacets du
centre de Monthey, dans un estaminet décoré par les anges.
Pas de falbala, mais le soin du détail qui tue: pot-pourri à
lancienne sur les tables, branchettes de mélèze épinglées
aux rideaux ou encore cette plaque dardoise pour vous présenter,
eh oui, lardoise. Josiane Raemy ne vous enjolive ce séraphique
restaurant quavec des atomes de bon goût. Et pour les oreilles,
rien? Si, quelques notes de jazz en sourdine, histoire de se faire câliner
les tympans. La béatitude quoi.
Passons aux choses sérieuses: cap sur le menu à 58 francs,
une entrée, un plat, un dessert, et la prévenance de Josiane
en prime. Le prix en est à géométrie variable, mais
vous pouvez toujours taquiner laccélérateur, il est
bridé à 65 francs.
Ce soir-là, il y avait un carpaccio de thon dressé sous
un dôme de verdure polymorphe. Un mesclun, quils appellent
cela les grands chefs. Un délice, oui, un sommet de fraîcheur
et puis un assaisonnement qui vous mériterait le Nobel de la vinaigrette.
La main du patron est aussi généreuse quinspirée,
équipée de surcroît dune montre qui laisse à
toutes ces bonnes choses le temps nécessaire à une pieuse
déglutition. Après, la diététique change dorbite:
ris de veau au beurre de sauge et risotto, la rengaine habituelle des
marmitons qui veulent se donner des airs. Mais un ris de veau comme cela,
mon cher, il lui faut trois majuscules puis convoquer Ronsard pour quil
lui tricote un sonnet. On en profitera pour réserver un quatrain
au risotto et, dans la foulée, une table pour samedi prochain.
A ce propos, le week-end met le Café Berra dans le même état
de siège que Sébastopol en 1855. Vous voilà prévenu.
Le vice nous pousse à vous parler du dessert : panna cotta au fruit
de la passion, autant dire un aller simple pour lenfance en classe
douceur, le genre de préparation à déclencher lémeute
dans une cantine scolaire.
Pour aider tout cela à faire une solennelle entrée stoma-cale,
le tandem montheysan a composé une carte des vins déguisée
en microfilm. On parle ici de la taille des caractères, pas du
volume, puisque la maison soumet à lépreuve de vos
rétines une soixantaine de références propres à
vous embobeliner le palais. Tous les cardinaux de la viticulture valaisanne
(plus quelques nonces extracantonaux) y tiennent conclave en rangs serrés.
Par respect pour les ouailles, la pourpre nest pas ourlée
dor: même en jouant les fils prodigues, on ne dépassera
pas les 62 francs (humagne rouge «Vieilles Vignes» de Vincent
Favre).
Evidemment, liberté est laissée à chacun de composer
soi-même son menu à partir dune petite carte aux accents
du terroir et à des prix grotesques. Caille désossée,
jarret de veau, crème de pois au lard du Valais et tout le reste
à lavenant. Mais bon, lappétit est une chose,
lubiquité du patron une autre: Jean-Yves André faisant
ses miracles sur quatre feux seulement, il faudrait voir pour lui adresser
ses prières de façon un tant soit peu groupée.
Puisque les nôtres ont été exaucées, on est
directement retourné suspendre les ex-voto la semaine suivante.
Nous pardonnera-t-on ce péché de gourmandise? Qui vivra
Berra.
24heures,
Le coup de fourchette, Y. J.

Qui vivra Berra, ha, ha!
On dirait qu'ils connaissent tous cette adresse depuis perpète.
Comme le sursigné. Tous? Oui, la demi-douzaine de potes et de collègues
en quête perpétuelle de petits bouchons et de sympas bistrots
où on mange bien. Et quand on dit bien!...
Et ils la connaissent tous. Je veux dire: la demi-douzaine de potes et
de collègues, plus le sursigné. Mais ils se sont bien gardé
de passer la bonne nouvelle. Côté chroniques gastros, pareil:
les visiteurs de "24 heures" ont craqué, c'était
il y a douze mois, puisant dans leur réserve de qualificatifs élogieux,
bégayant de bonheur, enivrés de saveurs. Et basta, leurs
collègues ont passé tout droit, sans lever le nez.
Un vrai vieux chalet
Car de Monthey il faut non seulement regarder vers les hauteurs
mais encore se garder du Val d'Illiez. C'est en face, enfin, de l'autre
côté, sur la gauche quand on se met de face, dos aux cheminées
filiformes, ou alors sur la droite en sortant de Monthey direction St-Maurice,
juste après le pont de bois. C'est indiqué: Choëx,
comme ça se prononce, sur la route des Giettes.
En arrivant dans ce vrai vieux chalet, le café Berra, les nouveaux
locataires ont commencé par retrousser leurs manches. Vieux, c'était,
vétuste même, sans vouloir manquer de respect. Jean-Yves
André, le parisien, et Josiane Raemy, la singinoise, arrivés
de Verbier, où ils venaient de passer une douzaine d'années.
Ils ont frottés poutres, lambris et boiseries au papier de verre,
dégagés les encadrements de fenêtres, accrochés
au dessus de coquets rideaux déroulants qui ne se déroulent
pas, conservés les mêmes lampes brutes d'allumage, parsemé
la salle d'objets usuels d'antan et de bonsaïs, et installé
une sono discrète mais garce: impossible de ne pas tendre l'oreille
à la trompette bouchée de Miles ni à la B.O. du "Postino".C'est
justement pas branchouille, andouille: on s'y sent simplement bien. Mais
ailleurs. Et c'est bon.
Josiane Raemy a le don, plutôt rare de l'accueil direct et de la
cordialité sincère; Jean-Yves André, celui de la
répartie amusée. Tu parles d'un couple raccord.
A la cuisine, le cuisinier cuisine sur une cuisinière à
quatre feux. Quatre, pas un de plus. Et, sur ce piano à deux mains,
il fait son Bill Evans avec brio, égrainant tous les midis et tous
les soirs la partition du jour plus quelques standards du moment. Son
récital en solo, et ça ne court pas les bistrots, ne souffre
pas la moindre fausse note. C'est peu le dire.
Il y avait un filet de sandre poêlé côté
peau, croustillant, mais tendre et fondant, avec à ses côtés
un drôle de morceau de courge, velouté à l'extérieur,
croquant à coeur. Il y avait un interminable (il s'agit de sa dimension)
filet d'agneau rosé de bonheur nappé d'un petit jus de veau
traversé de saveurs citronnées, gimgembrées et miellées,
quelle belle rencontre, avec des patates sautées,
brûnies comme on peut l'être après une journée
de ski. Il y avait une poire conférence évidée, pochée
dans un vin blanc épicé d'anis étoilé, avec
une sauce envoûtante où se croisaient le caramel, la crème
et une quenelle de glace cannelle et vanille. Il y avait donc ce petit
menu-là ce jour-là pour dix tunes. Le virtuose maison n'aime
pas trop se répéter. Et le dimanche soir, jour des seigneurs
qui cocoonent en semaine, le set s'étoffe.
Dernier arrivé dans le quartier, Môssieu André a,
en plus, le toupet de draguer les meilleurs vignerons (et meilleures vigneronnes)
du bas et moyen Valais, plus deux très bons d'Ollon, en face. A
qui il n'oublie jamais de jurer qu'ils produisent des vins de qualité
mondiale. Flatteur, va!
Le Matin, Jean-Luc Ingold

Arrêtez vos salades!
En été, on pense salade. Pourquoi pas ? Mais les autres saisons lui
vont bien aussi. Des suggestions avant les brumes automnales.
Descendant de Verbier, Jean-Yves André a commencé par briquer cette
vieille baraque. Elle brille maintenant comme un euro neuf sortant de
frappe. Dehors, sur la terrasse, on a dissimulé le blanc du plastique
brut sous des nappes en lin bleu, bleu comme le ciel de Provence, serinait
Marcel Amont, et bleu-blanc chantant le store à sortir. Le soir, on mange
à la bougie. De la romaine du jardin, du cresson ardennois, de la ficoïde
glaciale avec des graines de tournesol et de sésame grillées et une sauce
mayo; un mesclun et du caviar d'aubergine avec des filets de rouget nappés
d'un jus de langoustine chaud; des pousses d'épinard d'été flanquées
de petits haricots verts réchauffés au dernier moment sous un jus de
volaille tiède; de fines tranches de thon frais coupé au couteau, parsemées
de salades et relevées d'une vinaigrette à l'huile de sésame et de vinaigre
de riz noir. On peut, ensuite, se régaler de fruits rouges et de gâteaux
au chocolat mi-cuit.
Bilan, Jean-Luc Ingold

Mon resto ****
En deux mots
Une auberge de village plus que centenaire mais superbement rénovée,
où une cuisine inventive s'accorde à une atmosphère
pleine de charme.
Le lieu
Un vieux chalet précédé d'un joli panneau d'autrefois
repris il y a trois ans par Jean-Yves André et Josiane Raemy,
qui font preuve d'un goût sûr aussi bien en cuisine que pour
l’accueil et la décoration. Le service est d'une grande
gentillesse, et le cadre allie avec doigté design et vieilles
poutres: une réussite.
La carte
Brève mais pleine de tentations, elle annonce la couleur: des
associations originales, des produits souvent luxueux, des prix raisonnables
compte tenu du degré de raffinement des mets. Dans l’assiette,
le résultat se révèle encore bien plus séduisant, à l’instar
de ce foie gras superbe au balsamique, de l’incroyable risotto
au balsamique lui aussi (une merveille!), du magnifique boeuf aux olives
ou encore de cette daurade de parfaite fraîcheur. Desserts à la
hauteur du repas. Carte des vins riche en références valaisannes
de très haut niveau, parfois un peu jeunes.
Notre conseil
Ne vous privez pas de la jolie terrasse derrière la maison.
L'Illustré, Knut Schwander
|
|


|